Interview Business du mois

Atelier Septembre

Lorsqu’elle créée Atelier Septembre en 2015, Pauline Larivière n’a pas la fibre entrepreneuriale. Agacée (exaspérée?) de ne pas trouver de job dans son coeur de métier par “manque d’expérience”, elle se lance, en autodidacte, sur une activité connexe à sa formation. 5 ans plus tard, non seulement ce détour est une franche réussite, mais Pauline est aussi revenue à son premier métier, avec succès. En 2020 elle réalise combien cette double activité lui permet de franchir le cap de la crise sanitaire et de rebondir! Elle nous livre ses réflexions sans fard et avec une énergie que l’on adore.

Le conseil business d’Incremento

Lors de nos échanges avec Pauline, nous avons été impressionnés par sa capacité de “rebond”, développée et exploitée par conviction bien avant la crise sanitaire COVID 19! Avoir le courage et la détermination de lancer une activité indépendante et autodidacte témoigne d’une énorme capacité de résilience et d’adaptation. Aujourd’hui l’activité Paysagiste Concepteur permet de compenser l’arrêt momentané de l’événementiel, et Pauline n’a aucune difficulté à passer de l’un à l’autre, en véritable cheffe d’entreprise adaptable et réactive. Atelier Septembre a désormais atteint une maturité qui pourrait se traduire par un développement rapide du chiffre d’affaires et de la demande – nous conseillons à Pauline de piloter au plus près sa croissance économique, ses charges fixes et variables, afin de maîtriser au mieux sa rentabilité. A moyen terme, une évolution du statut juridique d’Atelier Septembre lui permettrait d’optimiser de nombreux aspects financiers et comptables, et donc libérer des liquidités en vue de réaliser des investissements (matériel, logiciels, communication, prospection) pour renforcer sa position sur le marché.
1 – Vous avez créé Atelier Septembre en Mai 2015. Pouvez-vous décrire ce qui vous a guidée vers la création d’entreprise ?
Je suis tombée dans la marmite de l’entreprenariat, il faut le dire un peu par dépit. Après une période d’un an de chômage, pendant laquelle j’ai été constamment confronté à la même réponse « vous manquez d’expérience », j’ai pris la décision de me créer mon propre job ! Ce n’est pas un parcours que j’avais envisagé, j’étais très loin de l’envie de créer ma propre entreprise, j’avais dans l’idée de pouvoir me « faire la patte » quelques années durant, mais ne pouvant rester à attendre j’ai fait le grand saut.
2 – Comment votre projet a-t-il évolué dans le temps ? Combien de temps s’est-il écoulé entre la toute première envie d’entreprendre et la date de création de Atelier Septembre?
De l’envie à la création cela a été très rapide, se lancer en tant qu’auto-entrepreneur est faisable très rapidement. Les deux premières années, j’ai conservé un travail en intérim afin d’assurer financièrement, jusqu’au jour où cette activité est devenue un frein au développement d’Atelier Septembre. J’ai d’abord concentré mon développement sur mon activité de fleuriste événementiel, ce qui peut paraître “bizarre” car c’est un métier pour lequel je suis totalement autodidacte, mon métier de coeur Paysagiste Concepteur est venu en second plan. J’ai saisi les opportunités au fil des rencontres et des projets qui s’offraient à moi.
3 – Quelles sont les particularités d’ Atelier Septembre ? Comment mettez-vous en valeur les aspects innovants de votre entreprise ?
Ma particularité est d’exercer deux métiers : Paysagiste Concepteur et Fleuriste évènementiel, il est très rare de les voir cohabiter, et pourtant ils sont très complémentaires, les connaissances de l’un enrichissent les propositions de l’autre. Le végétal est au coeur de mes réflexions et propositions mais aussi dans mon quotidien, c’est une véritable passion que j’exerce chez moi, dans mon jardin, une sorte de laboratoire à ciel ouvert ou je teste et observe le comportement des plantes et de la nature.
4 – Y-a-t-il eu des accélérateurs/obstacles dans votre parcours de création d’entreprise ? Comment vous ont-ils motivée ?
Lorsqu’on est seul aux commandes, beaucoup d’obstacles peuvent se mettre survenire, il faut oser et ne pas baisser les bras à la moindre contrariété. Un entrepreneur est plein de doutes, d’autant plus quand il est seul à tenir la barre. En 2017, j’ai été finaliste du Concours Audace par la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, une étape importante, qui m’a permis de me confronter à des professionnels et à des regards extérieurs et à me rassurer quand à la légitimité d’Atelier Septembre. Toujours avec la fondation, je viens de finir un parcours accélérateur, au sein du Club des entrepreneurs, une fois encore être sélectionnée est déjà une fierté mais surtout cela donne de la valeur et encore plus de sens au chemin parcouru.
5 – Quelles qualités avez-vous mobilisées pour vous lancer dans l’aventure et y rester ? Comment réagissez-vous en cas de coup dur – par exemple, la période de crise que nous traversons modifie-t-elle votre vision et votre approche ?
Une des premières qualité serait le relationnel: sans réseau on ne fait rien ! Cela a été très dur au départ d’aller à la rencontre d’inconnus, de passer la barre de la timidité, d’être à l’aise en public, de créer des relations à pérenniser. Ensuite, la créativité, pour me démarquer tant dans mon travail que dans ma communication: savoir “donner à voir” mes projets, qui sont ma carte de visite. Pour cela je poste régulièrement du contenu sur Instagram ou Facebook. Etant passionnée de photographie, je prend beaucoup de plaisir à penser le support photographique, de la prise de vue au traitement de l’image. La crise que nous traversons m’aura donné raison de toujours prévoir un matelas financier, prévoir les coups durs plutôt que de les subir par la suite. Avoir 2 activités fait aujourd’hui ma force, l’évènementiel est à l’arrêt, ce qui me permet de dégager du temps pour mon activité de Paysagiste Concepteur, de travailler sur mes supports de communication.
6 – Si vous deviez résumer votre activité en 3 chiffres ?
5 : cinq années d’une belle aventure et bien plus encore à vivre 1000+ : le nombre de photos faites des différents projets réalisés avant d’en publier une ! 29 : le nombre de mariages à fleurir prévus pour la saison 2020 avant Covid …
7 – Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?
Je pense que je ne changerais rien. Rien n’était parfait, il y a eu beaucoup de doutes, de peurs, d’estomac noué, mais avec de belles rencontres, des apprentissages au fil des jours, le soutien de mon entourage c’est ce chemin chaotique, loin d’être un long fleuve tranquille qui a façonné Atelier Septembre.
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